L'Île d'Ellesmere : un retour au début des temps

Rivière entre deux montagnes

Pierre Landry
Photo : Vicki Sahanatien, Parcs Canada.

Malgré l’immobilité apparente du désert arctique, tout n’est que mouvement dans cette région du monde et seul le temps nous permet de percevoir les mystères de l’évolution. Le parc national Quttinirpaaq nous murmure, depuis ses jours anciens, bien avant que nous, humains, existions, un temps où la vie était plus simple. Des secrets nous y sont révélés à travers les différents signes de métamorphose de notre planète. Les ombres fossilisées nous font comprendre ce que le monde a jadis été. Ici, aux cris lancés par la vie, seul l’écho du temps répond.

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L’île d’Ellesmere, bordée par l’océan Arctique, est située dans les régions nordiques les plus près du pôle et fait partie du plus récent territoire canadien, le Nunavut. Même si le parc national Quttinirpaaq couvre 38 000 km2 (la moitié de la superficie du Nouveau-Brunswick), il ne représente qu’une petite portion de cet immense territoire qu'est l’île d’Ellesmere.

L’île Ward Hunt, située à la pointe nord du parc, constitue un point de départ convoité pour la majorité des expéditions vers le pôle Nord. Point stratégique de surveillance des eaux et du ciel pendant la guerre froide, on y retrouve encore des stations micro-ondes de l’armée canadienne reliant Eureka et Alert, les deux bases militaires du haut Arctique.

Le plus grand défi des visiteurs de l’Arctique est – et restera toujours – la difficulté d’y atterrir par avion puisque, mises à part les deux bases militaires, il n’y a aucun site d’atterrissage répondant aux exigences d’un avion plus imposant qu’un Twin Otter (appareil ayant la capacité de transporter jusqu’à 17 passagers sans bagages ou, plus précisément, un poids inférieur à 3 000 livres). Le Twin Otter peut atterrir sur la neige ou sur la glace, ce qui est idéal – pour ne pas dire essentiel - dans l’Arctique. Des paysages à couper le souffle vous attendent pendant les trois à quatre heures de vol entre Resolute, dernière destination accessible par jet, et le fjord Tanquary, lieu d'atterrissage sur l’île d’Ellesmere. Glaciers, chaînes de montagnes et sculptures de glace entraînent doucement l’observateur de plus en plus loin de sa réalité habituelle. Le Twin Otter possède l’agilité nécessaire pour atteindre ce site désert et éloigné. Évidemment, pour ces raisons, ce n’est pas un voyage bon marché! Atteindre le parc à bord d’un Twin Otter vous coûtera environ 12 000 $. Et, si vous désirez rester plus d’une journée, le même tarif vous sera demandé au retour...

La température dans l'Arctique est imprévisible et souvent inhospitalière. Il est recommandé de toujours planifier une alternative au cas où vous devriez rester plus longtemps que prévu. Les envolées et les atterrissages se font au gré de la qualité des pistes. La majorité des pilotes ont déjà plusieurs décennies d’expérience de vol dans ces régions; je leur fais donc confiance et je remets volontiers ma vie entre leurs mains, je l’ai souvent fait d'ailleurs. Cette expérience de vol sera, je peux vous l’assurer, une aventure exceptionnelle que vous garderez longtemps en mémoire!

Le fjord Tanquary et le lac Hazen, points de départ de la majorité des visiteurs, sont deux camps de base et de centres touristiques. Vous pouvez vous y procurer de l’information concernant les randonnées, la sécurité et l’écologie du parc. Le mandat de Parcs Canada, qui s'occupe de la gestion du parc national Quttinirpaaq, a été révisé ces dernières années. Ses priorités sont maintenant concentrées sur la protection et la préservation de l’intégrité écologique de l’environnement et des sites situés à l’intérieur des frontières du parc. La création même de Parcs Canada repose sur le désir de préserver la diversité des écosystèmes du pays pour l’éducation et le plaisir des générations futures.

Le parc national Quttinirpaaq fait partie de la haute région des glaciers arctiques. En y passant un peu de temps, on remarque l'incroyable variété d'éléments naturels de ce territoire, que l'on croirait tout d'abord hostile à toute forme de vie. La majorité du parc est recouverte de glaces : glaciers, sommets de montagnes, banquises, rivières et lacs gelés. Le lac Hazen est le plus grand lac d’eau fraîche au nord du cercle polaire. Un microclimat unique à l'environnement de ce lac y crée des températures légèrement plus clémentes que sur le reste de l'île. Même si le lac est prisonnier de la glace la majorité de l’année, le mercure peut y monter jusqu’à 20º C. Si vous voyagez dans le parc, n’oubliez jamais que dans une seule et même journée la température peut descendre sous zéro et le soleil faire place à la neige, même en été.

Ce projet a été rendu possible grâce à une contribution financière du programme Francommunautés virtuelles d'Industrie Canada.

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