Les Jeux de l'Arctique : une vitrine internationale pour Iqaluit

Groupe de musiciens

Jean-Sébastien Charron
Photo : Photo : Gracieuseté des Jeux d'hiver de l'Arctique 2002.
 
De retour des Jeux d'hiver du Canada de 1967, où ils n'avaient pu que constater les insuccès de leurs délégations, James Smith et Stuart Hodgson, à l'époque respectivement commissaires du Yukon et des Territoires du Nord-Ouest, décidèrent de mettre sur pied une compétition internationale où les athlètes du Nord ne seraient pas submergés par les imposantes délégations du Sud. Ainsi naquirent les Jeux d'hiver de l'Arctique, dont la nouvelle édition sera présentée conjointement à Iqaluit et à Nuuk, capitales du Nunavut et du Groenland, du 17 au 23 mars 2002.
 
Les Jeux d'hiver de l'Arctique sont, en quelque sorte, les Jeux olympiques du Nord. De par les épreuves présentées et le nombre de participants, ils sont plus représentatifs que les jeux «typiques» de ce qui se vit dans les régions circumpolaires. Aux sports «traditionnels» du Sud s'ajoutent une pléiade de compétitions plus proches des traditions des peuples inuits et déné.

Le projet de James Smith et Stuart Hodgson s'est finalement concrétisé en 1970. La ville de Yellowknife, aux Territoires du Nord-Ouest, a accueilli cette année-là les premiers Jeux d'hiver de l'Arctique. Plus de 500 athlètes ont participé aux compétitions sportives et aux démonstrations culturelles lors de cette première édition, où seuls l'Alaska, le Yukon et les Territoires du Nord-Ouest étaient présents. Vu le succès de l'événement, il fut décidé d'en faire un rendez-vous biennal.

L'engouement pour cette rencontre nordique a grandi au fil des ans et, peu à peu, se sont ajoutés au groupe initial, des délégations des régions circumpolaires Nord de la Russie, du Groenland, de l'Alberta et du Nunavik (Nord du Québec).

On en sera, en 2002, à la 17e édition des Jeux, alors que les capitales du Nunavut et du Groenland, Iqaluit et Nuuk, accueilleront l’événement qui se déroulera, pour une première fois, dans deux villes à la fois. À elle seule, Iqaluit s'attend à recevoir 1 700 athlètes, entraîneurs, spectateurs et journalistes. C'est évidemment un défi de taille pour une communauté de 6 000 âmes.

Mais au-delà du défi, c'est également une occasion exceptionnelle qui se présente à la ville d’Iqaluit de mieux se faire connaître au Canada et de se faire découvrir sur la scène internationale. Pour la première fois, les Jeux d'hiver de l'Arctique feront l'objet d'une diffusion nationale au Canada sur les ondes de la Canadian Broadcasting Corporation (CBC). Cela représente un potentiel de 12 millions de téléspectateurs. La cérémonie d'ouverture sera même télédiffusée en direct par la chaîne nationale. En tout, cinq heures d'antenne ont été assurées par CBC qui accordera également une couverture aux épreuves sportives et aux démonstrations culturelles et artistiques, soutient la responsable des communications du comité organisateur des Jeux, Tamara MacPherson.

Toujours selon Mme MacPherson, bien qu'on évalue à 5,8 millions de dollars les dépenses encourues pour la présentation des Jeux, des retombées de près de 8 millions de dollars sont attendues au Nunavut. Outre les répercussions directes liées à la présence de visiteurs, plusieurs infrastructures mises sur pied pour la tenue de l'événement demeureront dans la communauté hôte. Cinq nouveaux autobus seront apportés dans cette ville qui ne possède pas, pour le moment, de service de transport en commun. Un nouveau complexe sportif, comportant une patinoire de dimensions réglementaires, a été construit. Plusieurs lits seront aussi transportés dans la capitale du Nunavut aux prises avec une pénurie de logements.

Les Jeux de 2002 seront ponctués du «plus important volet culturel de leur histoire», affirme Mme MacPherson. «Cela se reflétera dans le calibre des artistes présents», ajoute-t-elle. En plus des spectacles lors des cérémonies d'ouverture et de clôture, chacune des soirées des Jeux comportera un spectacle donné par un artiste du Nunavut ou d'une autre délégation participante, explique pour sa part la responsable du volet culturel, Caroline Cournoyer.

Une série de spectacles de musique et de danse, un festival du film (on prévoit, entre autres, la présentation du long-métrage inuit Atanarjuat, récipiendaire de la Caméra d'or cette année à Cannes, dans la catégorie «nouveau réalisateur», remis à Zacharias Kunuk), des expositions d'art visuel, des conteurs et des ateliers avec les artistes complèteront le programme culturel et artistique.

Ce projet a été rendu possible grâce à une contribution financière du programme Francommunautés virtuelles d'Industrie Canada.

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