Jeunesse en forme et en santé

Quatre garçons qui font du ski de fond

Jérémie Duchesne
Photo : Jérémie Duchesne
 
Ma passion pour l’activité physique ne date pas d’hier. En fait, dès l’âge de neuf ans, je partais seul en expédition dans la forêt près de chez moi, avec mon petit sac à dos et mes skis de fond. Je partais à la découverte ! Je me rappelle très bien d’une petite rivière à traverser pour pouvoir aller sur une île. Je n’y étais encore jamais allé ! Très tôt chaque samedi matin du début de cet hiver, j’allais tester la glace. La journée où j’ai pu la traverser pour la première fois constitue probablement mon premier souvenir de liberté ! À cet âge, je n’étais pas conscient des bienfaits de l’activité physique. Je vivais seulement pour l’aventure, pour aller explorer ce qui se cachait hors des sentiers battus. Mon moyen de transport : le ski de fond !

Depuis, j’ai eu la chance de rencontrer sur mon chemin des personnes exceptionnelles qui m’ont aidé dans mon évolution. Je suis comme transporté par une vague depuis que je suis très jeune. Il ne me restait plus qu’à apprendre à surfer ! Ces personnes m’ont guidé vers des niveaux que je n’aurais jamais pu soupçonner… Elles m’ont permis de me rapprocher tranquillement de mon rêve d’athlète… Je me suis toujours juré que la meilleure façon de les remercier serait de m’impliquer à mon tour. Cependant, je ne voulais pas attendre d’avoir réalisé mon rêve pour donner la chance aux jeunes de trouver le leur. Une porte s’est récemment ouverte et j’ai saisi l’occasion. En décembre 2004, un an après ma première participation aux Jeux du Canada, je reçois une offre d’emploi, celle de coordonner les activités d’une des plus grandes écoles de ski de fond au Canada, au parc du mont Saint-Bruno, dans la grande région de Montréal. Travaillant déjà sur le développement du ski de fond avec une école primaire des Laurentides, j’allais maintenant pouvoir avoir un impact plus considérable. L’une de mes tâches était de promouvoir le ski de fond dans les écoles primaires à proximité du parc. C’est alors que j’entends parler du programme « École en forme et en santé », du ministère de l’éducation du Québec, par la directrice de l’école Monseigneur Gilles-Gervais de la municipalité de Saint-Bruno-de-Montarville. Ce programme vise essentiellement les étudiants du troisième cycle du primaire (5e et 6e années), âge critique et déterminant dans le choix d’un mode de vie sain. Ce programme est une façon dynamique de répondre à l’article 4 du Régime pédagogique de l’enseignement primaire, qui prévoit que des services de promotion et de prévention doivent être offerts à l’élève en vue de lui donner un environnement favorable au développement de saines habitudes de vie et de compétences qui influencent positivement sa santé et son bien-être. Le programme de ski de fond proposé à ces élèves eut un impact au-delà des espérances et allait me motiver à pousser mon implication à un degré supérieur.

Inspiré par ce programme je me suis rendu à Iqaluit le 22 mars 2005, dans le pays de l’hiver, où il est possible de skier jusqu’au mois de juin ! C’est en collaboration avec Maxine Caroll, monitrice de ski de fond au parc du Mont St-Bruno et avec les élèves des écoles primaires des Trois-Soleils et l’école intermédiaire Aqsarniit que j’ai pu continuer ma mission. Mon objectif personnel : développer une culture du ski de fond telle qu’elle existe un peu partout sur le territoire circumpolaire en Norvège, en Suède, en Finlande, en Russie, et au Groenland. Je souhaite rendre ce moyen de transport plus accessible pour les Inuits en souhaitant qu’il remplace éventuellement la motoneige qui se donne des allures de sport national au Nunavut.

Ce projet a été rendu possible grâce à une contribution financière du programme Francommunautés virtuelles d'Industrie Canada.

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