Iqaluit : Mirage ou réalité

Photo d'Iqaluit

Sarah Efron
Photo : Sarah Efron
 
Des nuées de maringouins m’empêchant de m’asseoir et de contempler la beauté époustouflante des collines de la toundra qui longent la rivière Sylvia Grinnell, j’ai dû poursuivre ma marche. Mes pieds s’enfonçaient dans la mousse et dans les tapis luxuriants de saxifrages et de linaigrettes. Au-delà de vestiges d’ossements mystérieux, je vis une série complète de sabots de caribous portant encore quelques touffes de fourrure.

De grandes tentes blanches, maisons d’été des familles inuites semi-nomades, étaient érigées près des eaux bleues de la rivière. Je croisai un inuksuk en revenant sur le sentier de terre qui mène à Iqaluit. Une camionnette rouge occupée par un jeune couple approchait; je leur fis signe d’arrêter. « Allez-vous à Iqaluit? », demandai-je. J’avais oublié qu’on ne pouvait aller nulle part ailleurs!

La rue principale d’Iqaluit serpente dans la ville et passe devant une rangée de bâtiments singuliers : un centre pour les jeunes en forme d’igloo bleu, une école primaire qui ressemble à une station spatiale et un assemblage de cabanes au bord de la mer servant à entreposer bateaux et motoneiges. Aucune route ne mène en dehors de la ville si ce n’est l’inquiétante « Route de nulle part » qui escalade les quelques kilomètres qui mène à un lac et s’y arrête.

Iqaluit, appelée Frobisher Bay jusqu’en 1987, possède la grandeur et la solitude d’une ville frontalière. Toutefois, cet avant-poste territorial est également une capitale en pleine croissance. D’après le recensement de 2001 de Statistique Canada, Iqaluit connaît une flambée démographique : la ville compte maintenant 5 236 habitants, soit 1 000 de plus que l’an dernier. Ce qui place Iqaluit au deuxième rang de la croissance démographie au Canada. Cette croissance est attribuée à l’expansion de la fonction publique territoriale et au haut taux de natalité. La population d’Iqaluit comprend 60 % d’Inuits, le reste des habitants venant du Sud, principalement des Terre-Neuviens atteints du mal du pays et des Canadiens-français. Vous verrez dans les rues de la capitale le même défilé de personnages propres aux petites villes; toutefois, Iqaluit, contrairement à plusieurs communautés isolées, est loin d’être une ville stagnante. Un grand nombre de visiteurs émergent de l’aéroport lunaire jaune : ce ne sont pas des touristes, mais des fonctionnaires, des chercheurs et des enseignants de pays divers venus observer les premiers pas du Nunavut.

Ce projet a été rendu possible grâce à une contribution financière du programme Francommunautés virtuelles d'Industrie Canada.

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