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Le centre de la francophonie du Yukon
Teresa Earle
Photo : Teresa Earle
La communauté francophone du Yukon est bien vivante et en offre une nouvelle preuve imposante. En effet, la capitale du territoire, Whitehorse, et sa communauté francophone en particulier, jouit maintenant d’une ressource communautaire d’envergure : le Centre de la francophonie. Alors que l’Association franco-yukonnaise (AFY) n'est pas une dernière venue dans le territoire, sa nouvelle demeure, sur la rue Strickland, permettra à la communauté d’avoir accès encore plus facilement que par le passé à une panoplie de programmes et de services.
Un peu d’histoire
Le français s’est ramifié dans les entreprises, les arts et les écoles et a des racines profondes dans l’histoire du Yukon. Le patrimoine francophone s’est manifesté de façon marquante dès l’arrivée des explorateurs, des commerçants et des chercheurs d’or dans les années 1800. Parmi les premiers arrivants dans le territoire, on comptait de robustes coureurs des bois au service de la Compagnie de la Baie d’Hudson. Durant la ruée vers l’or du Klondike, les Canadiens français étaient plus nombreux que les Canadiens anglais au Yukon, au deuxième rang derrière les Américains.
Après la frénésie de l’or, la population a chuté, et plus de 3500 Canadiens français ont quitté Dawson. Ceux qui sont restés au Yukon avaient subitement bien peu d’occasions de parler leur langue et la plupart d’entre eux ont été assimilés par la majorité anglophone. Le phénomène s’est poursuivi jusque dans les années 1970.
Grâce à la migration de plus en plus forte de Canadiens français au Yukon, la communauté francophone a été en mesure, dans les années 1980, de renverser la vapeur. La langue française a pris un second souffle, l’offre de services en français s’est accrue et les institutions culturelles ont pris leur place. Aujourd’hui, la communauté francophone du Yukon est la seule en croissance à l’extérieur du Québec. Plus de 10 p. 100 de la population du territoire parle français, un pourcentage que seuls le Québec, le Nouveau-Brunswick et l’Ontario peuvent se targuer de dépasser.
Comme c’est le cas avec les premières nations du Yukon, les francophones du territoire soutiennent qu’une communauté doit se doter d’institutions pour préserver sa langue et sa culture. C’est pourquoi les francophones ont travaillé d’arrache-pied pour obtenir un établissement d’enseignement en français langue maternelle (l’école Émilie-Tremblay), une garderie (la Garderie du petit cheval blanc), une commission scolaire.
(la Commission scolaire francophone du Yukon) et, le dernier venu, le Centre de la francophonie, qui a ouvert officiellement ses portes à la fin mars 2001.
Au cœur de la culture
Après des années d’attente, le Centre de la francophonie sera au cœur même de la culture et des activités des francophones et des francophiles du Yukon. Pour les uns, le centre abritera des ressources essentielles à l’obtention d’un emploi ou au développement d’occasions d’affaires. Pour les autres, dont les nouveaux arrivants, les parents, les jeunes et les personnes âgées, il sera le lieu où obtenir des services ciblés à leur intention. Pour d’autres encore, notamment les touristes, le centre sera une plaque tournante pour l’établissement de contacts ou de partenariats avec la communauté dans son ensemble.
Bien qu’il ait une touche des anciennes constructions canadiennes-françaises, l’édifice de trois étages demeure fidèle au style de la région. Le mariage vivant de jaune pâle, de bleu et de mauve prête à la construction l’aspect éclectique propre au Yukon. Partout dans l’édifice, la finition en bouleau, les grandes fenêtres et les plans d’étage créatifs donnent au centre un aspect ouvert et décontracté.
En entrant dans le centre, on voit qu’il s’agit d’un rêve communautaire devenu réalité. La salle communautaire multifonctionnelle, avec cuisine attenante, se trouve au rez-de-chaussée et peut accueillir jusqu’à 100 personnes. Les installations serviront à une multitude d’activités comme la projection de films, des expositions d’art, des spectacles, des réunions et les cafés-rencontres de l’association. La salle sera, en outre, équipée d’un système audio pour de l’interprétation simultanée.