Sculpture sur neige à Nuuk, Groenland

Photo de 2 sculptures sur neige

Claude Beauchamp
Photo : Claude Beauchamp
 
Le concours de sculpture sur neige de Nuuk, édition 2001, s’est avéré le plus important de son histoire, en ce qui a trait au nombre de participants. En tout, cinquante équipes de sculpteurs se sont mises à l'oeuvre. Plusieurs équipes, tant locales qu'étrangères, y ont participé. J'ai moi-même eu la chance de participer à cet événement cette année, de jouir de la merveilleuse température et de goûter à l'esprit de camaraderie de ces festivités…
 
Cette compétition internationale se tient chaque année, à la mi-mars, dans la capitale groenlandaise. Pour les participants, elle est à la fois une occasion de se mesurer aux autres sculpteurs et de festoyer avec eux… tant sur le chantier de travail qu'à l'extérieur du site!

Les délégations étrangères représentaient cette année la France, la Norvège, la Suède, le Danemark, la Finlande, la Suisse, l’Allemagne, l’Islande et le Canada (dont une équipe du Nunavut).

L'atmosphère

Quoique plusieurs la détestent à mourir, la maudisse, même (surtout lorsqu’ils ont à la pelleter), la neige garde toujours son attrait bien particulier, même pour certains «grands enfants» qui ne peuvent s'en passer. D'accord, l’été est une bien belle saison. Mais il y manque l'élément essentiel pour le ski, la motoneige ou le patin (même si les bonzes de la Ligue nationale de hockey essaient de faire perdurer la saison; Ô, coupe Stanley, pardonnez-moi de cette offense!). Surtout, il est impossible de faire des bonhommes ou de la sculpture sur neige en été.

Mais assez parlé des saisons. Passons plutôt à ce qui nous intéresse ici: la sculpture sur neige. Bien que les bonshommes de neige peuvent être plaisants à construire, ce défi n’est tout simplement pas assez grand pour certains d'entre nous, qui décident de passer au niveau suivant. À vrai dire, se retrouver en face d’un gros bloc de neige de trois mètres cubes, c’est plutôt excitant, effrayant même, parfois. Surtout lorsque ce «tas de neige» fait 3 mètres de large, 3,5 mètres de profondeur et 5 mètres de hauteur, comme c'est le cas au Carnaval de Québec.

Même si l’on passe par toute une gamme d’émotions, le but est toujours de s’impressionner soi-même et peut-être aussi les spectateurs. Toutefois, le plaisir et défi ultime est d’impressionner les autres sculpteurs, une tâche beaucoup plus difficile!

Quoiqu’il en soit, la tâche s’avère toujours ardue et nous nous retrouvons à coup sûr face à un défi qui va nous demander quelques jours de travail ardu, entrecoupé de plusieurs fêtes entourant le festival… fêtes qui peuvent se prolonger jusqu’aux petites heures du matin lorsque nous nous lions d’amitié avec quelques autres sculpteurs étrangers (mais cela est une autre histoire qui va peut-être, sait-on jamais, apparaître dans un numéro ultérieur!).

Le lieu

Bon. Nous avons de la neige (ça fait notre bonheur!) et des gros blocs de neige (un par équipe c'est bien assez, croyez-moi!). Il ne manque plus qu’un endroit pour accueillir des gens assez fous pour se dire sculpteurs de neige le temps d’un festival. Il y a plusieurs endroits au monde où se tiennent des compétitions de sculpture sur neige. Le Canada (Québec et Ottawa), les États-Unis (Denver et Milwaukee), la Suisse, l'Allemagne et le Japon comptent tous des festivals du genre. Par contre, aucun n'est aussi imposant et situé à une latitude aussi élevée que celui de Nuuk, au Groenland.

Édition 2001

La rencontre de cette année a été marquée par la grande participation d'équipes locales et internationales. Participants et spectateurs ont été gâtés tant par la qualité des sculptures que par la température idéale qui a régné pour toute la durée de l'événement. En quatre jours de travail intense, nous n’avons vu qu’un seul nuage, tout petit! Le soleil reflétant sur la neige a permis de bien se griller le bout du nez… je me suis d'ailleurs retrouvé avec tout un coup de soleil la première journée! Tout cela fait partie du jeu et nous nous retrouvons toujours avec plusieurs petits bobos qui nous tracassent de moins en moins au fur et à mesure que la sculpture sort de ce bloc de neige horriblement immense à l'origine.

Les membres de mon équipe et moi-même avons tenté de réaliser une figure tout droit sortie de la mythologie groenlandaise: la légende de Malena, une jeune femme qui se transforme en soleil dans le but d'échapper à son frère, amoureux d’elle.

Mikkel, Fuuja, mes deux copains groenlandais, et moi-même formons une équipe depuis quelques années. Nous en sommes à notre cinquième présence au concours de Nuuk. En ajoutant à cela une participation à l’Internationale de sculpture sur neige de Québec, nous pouvons affirmer sans nous vanter que nous formons une équipe expérimentée (quoique, comparativement à certaines équipe de professionnels, nous avons toujours «le nombril mouillé», comme le dit l'expression). Bref, notre but est de donner forme à une femme qui est sur le point de se transformer en soleil. Une tâche assez ardue, surtout quand on considère notre point de départ: un gros tas de neige d’environ 10 tonnes métriques.

Ce projet a été rendu possible grâce à une contribution financière du programme Francommunautés virtuelles d'Industrie Canada.

© Le Toit du monde
Administration