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Les sports arctiques
Marie-Michèle Lapointe-Cloutier
Photo : Nick Newbery
Les sports traditionnels inuits et dénés sont à l’honneur depuis plus de trente ans lors des Jeux d’hiver de l’Arctique. Mais quelle est leur origine? Pourquoi les peuples inuits et dénés les pratiquaient-ils? Il semble, selon Peter Irniq, commissaire du Nunavut, que ces jeux aient fait partie de la vie quotidienne des peuples nordiques depuis toujours. Après de longs hivers passés dans des camps de trois ou quatre igloos, les familles se rassemblaient, le printemps venu, en groupes plus larges d’une dizaine d’igloos. Ces rassemblements étaient l’occasion de retrouvailles, de célébrations et de festivités. Avaient alors lieu les jeux et les sports traditionnels tels qu’on les pratique désormais lors des Jeux d’hiver. Des jeux qui tout en mettant à l’épreuve l’endurance, la force, la résistance et l’adresse des participants – principalement des hommes – soulignaient la joie d’être de nouveau ensemble, bien vivants, malgré l’hiver rude et difficile qui venait d’être traversé. Les Jeux d’aujourd’hui sont, à leur manière, un hymne à la résistance et à la détermination des peuples nordiques, qui ont su garder leur culture et leur savoir-faire traditionnels.
Le coup de pied simple
Le coup de pied simple est la version inuite du saut en hauteur. Il s’agit de frapper, avec un pied seulement, une cible suspendue faite de fourrure rembourrée et d’atterrir sur le même pied tout en gardant l’équilibre. Le premier saut s’effectue à 6 pieds 6 pouces pour les hommes et à 5 pieds 6 pouces pour les femmes, auxquels s’ajoutent 4 pouces à chaque saut subséquent. Chaque participant a droit à trois essais.
Le coup de pied double
Cette épreuve ressemble sensiblement à la précédente, à la différence près que cette fois-ci la cible doit être touchée des deux pieds joints et l’atterrissage doit se faire sur les deux pieds, qui ne doivent pas être écartés de plus de 4 pouces. De plus, la hauteur de départ n’est que de 6 pieds pour les hommes et de 5 pieds pour les femmes.
La savate d’Alaska
La savate d’Alaska est un saut qui demande encore plus d’agilité et d’équilibre que les deux précédents. Aux conditions de base des coups de pied simple et double s’ajoute la difficulté suivante : les participants doivent tenir l’un de leurs pieds dans la main opposée et ne jamais lâcher prise durant toute la durée du saut, de l’envol à l’atterrissage, qui doit se faire sur le pied libre. Un exercice qui demande un sens de l’équilibre hors du commun et une force de propulsion étonnante, d’autant plus que les participants doivent commencer le saut les fesses au sol.
Le saut groupé
Le saut groupé met à l’épreuve la force et la capacité de propulsion des jambes des participants. Comme tous les sports arctiques, le saut groupé exige une maîtrise du corps et une économie de mouvement exemplaires. Les participants se mettent à genoux, les fesses appuyées sur les talons et les orteils pointant vers l’arrière. Au moment du saut, les participants peuvent bouger le buste d’avant en arrière et balancer les bras pour se donner de l’élan. L’objectif est de sauter le plus loin possible et d’atterrir en équilibre sur les deux pieds, en position accroupie, et les bras tendus.
L’avion
L’avion est une épreuve de force, d’endurance et de contrôle de soi. L’objectif est de se faire transporter, par des assistants désignés, le long du parcours établi. Le participant doit se coucher sur le sol, à plat ventre, tendre les bras en croix et garder jambes et pieds joints tendus. Il doit ensuite raidir tous ses muscles afin de garder cette position alors que les assistants le tiennent par les pieds et poings tendus et le soulèvent à un mètre du sol pour lui faire parcourir le trajet déterminé. Le gagnant est le compétiteur ayant parcouru la plus longue distance sans que le corps ne baisse sous les bras, que les fesses soient plus élevées que les bras ou que les bras plient aux coudes à plus de 45 º.
Le toucher d’une main
Cette épreuve exige des participants une agilité et un sens de l’équilibre n’ayant rien à envier aux équilibristes. L’objectif semble simple : toucher la cible la plus haute. Toutefois, la difficulté est grande puisqu’il s’agit de toucher avec une main une cible située à une hauteur de départ de 4 pieds 6 pouces en se tenant en équilibre sur l’autre main, pieds et jambes dans les airs. L’exploit est d’autant plus difficile que jamais les pieds ne doivent toucher le sol et que les compétiteurs doivent respecter la position de départ.