La route du vent au paradis québécoise du ski cerf-volant

Skieur cerf-volant

Nicole Pons
Photo : Pierre Dunnigan
 
L’immensité boréale de la Baie James, terre des Cris, du froid et du vent, est propice aux aventures hors norme, aux idées un peu folles. Attirés par ce terrain de jeu exceptionnel, quatre passionnés de grands espaces et de ski cerf-volant ont parcouru, en février 2003, plusieurs centaines de kilomètres, attelés à leur voile, dans un extraordinaire périple entre banquise, taïga et grands réservoirs hydroélectriques gelés. Les enfants des villages le long de la baie ont été fascinés par ces drôles de skieurs et leurs machines se jouant des courants d’air.

Depuis deux jours, nous n’avons pas dormi. Aussi, ce soir nous nous glissons avec délice dans nos lits douillets du sympathique gîte L’épilobe à Radisson, où nous logerons pendant ce voyage. Après une bonne bière dégustée en fin de journée, hop! au dodo pour un sommeil réparateur!

L’aventure a commencé hier matin, à quatre heures, à Montréal d’où partaient Denis et Pierre. Il aura fallu 17 heures pour arriver jusqu’ici en passant par le lac Saint-Jean pour prendre Bruno et Guillaume, un Français effectuant son premier voyage au Québec. En fin de journée, après Chibougamau, la route du Nord puis la route de la Baie James, soit 724 kilomètres d’asphalte verglacé, à la lumière magique de la pleine lune. Au milieu de ce désert au décor enchanteur, nous avons eu un premier contact inattendu avec les gens du Nord : une famille crie de cinq personnes, dont un bébé, se trouvait dans une voiture en panne; nous l’avons aidée.

Notre arrivée à Radisson, au matin, s’est effectuée sous un soleil radieux. Malgré une nuit blanche, nous avons sauté sur nos skis, sitôt le déjeuner avalé. Cap vers le barrage LG2. Avec ses 2 835 km2, soit presque trois fois la surface du lac Saint-Jean (!), le réservoir du barrage est un site paradisiaque pour le ski cerf-volant. Profitant de conditions optimales, avec un vent constant, une neige poudreuse recouvrant la surface à l’infini, nous nous sommes offert une journée intense. Quelle belle glisse entre les îles parsemées de petits arbres! Denis, ayant installé une voile de sept mètres d’envergure sur son cerf-volant de puissance, s’est beaucoup amusé dans la taïga environnante. Avec Bruno, ils ont même skié sur la paroi intérieure inclinée du mur du barrage! Ce fut une expérience incroyable, avec plusieurs allers-retours, que de longer le mur, trente mètres au-dessus du réservoir. Sans compter notre virée du côté de l’évacuateur de crues! Guillaume a choisi la planche à neige, un peu moins rapide que les skis pour pratiquer ce sport. Vers trois heures, le vent ayant forci à 35 km/h, Bruno a sorti une nouvelle voile de cinq mètres et réalisé plusieurs sauts dans tous les sens! En fin de journée, Bruno et Denis avaient parcouru 120 kilomètres chacun. Nous étions complètement brûlés!

Les enfants et le cerf-volant

Ce matin, nous avons rendez-vous à l’école primaire de Radisson, pour une rencontre surprise avec 40 élèves de 6 à 12 ans. Nous allons leur proposer un atelier d’initiation à la fabrication de cerfs-volants. Cette activité peu commune suscite beaucoup d’intérêt. Assurément, ils n’oublieront jamais cette séance! Suivant une technique simple, les élèves coupent en forme de losange un morceau de tyvek – tissu imperméable – qu’ils montent sur une structure. Puis, tout le monde se précipite dehors pour essayer ces incroyables engins qui volent au vent. L’accueil est extraordinaire. Les enfants sont émerveillés et la directrice de l’école nous invite à revenir séjourner une semaine!

Ce projet a été rendu possible grâce à une contribution financière du programme Francommunautés virtuelles d'Industrie Canada.

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