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Kyoto, le diffile défi du Canada
Gordon McBean
Photo : Greenpeace/Reynayers
Le 16 février 2005, le protocole de Kyoto est officiellement entré en vigueur. Le protocole de Kyoto fait partie de l’effort mondial visant à s’attaquer aux changements climatiques. Son efficacité n’est pas encore démontrée, mais c’est un pas important dans la bonne direction. Il est clair que les changements climatiques auront des incidences significatives dans l’Arctique. Selon le récent rapport du Conseil de l’Arctique intitulé l’Évaluation de l’impact des changements climatiques dans l’Arctique (ACIA), le climat de la Terre est en évolution et ces changements climatiques sont d’abord ressentis, et avec plus d’intensité, dans l’Arctique.
Le dioxyde de carbone est le principal gaz à effet de serre (GES) directement attribuable aux activités humaines, et les gaz émis restent dans l’atmosphère pendant environ un siècle. Bien qu'il soit inévitable que le climat se réchauffe encore davantage, la rapidité et l’étendue de ce réchauffement peuvent être réduites par la limitation des émissions futures. D’où l’importance du protocole de Kyoto. Le protocole de Kyoto est un accord relevant de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) qui a été signée par presque tous les pays du monde au cours de la Conférence des Nations Unies sur l'environnement et le développement, à Rio de Janeiro, en 1992. L’objectif de la CCNUCC est de « …stabiliser, conformément aux dispositions pertinentes de la Convention, les concentrations de gaz à effet de serre dans l'atmosphère à un niveau qui empêche toute perturbation anthropique dangereuse du système climatique. Il conviendra d'atteindre ce niveau dans un délai suffisant pour que les écosystèmes puissent s’adapter naturellement aux changements climatiques, que la production alimentaire ne soit pas menacée et que le développement économique puisse se poursuivre d'une manière durable ».
Qu’entend-on par « dangereux » ? Voilà une question qui suscite beaucoup de discussions. Pour le Nord, dangereux signifierait certainement un réchauffement faisant fondre la glace de mer ou des changements dont la rapidité dépasserait le « délai suffisant pour permettre aux écosystèmes de s’adapter naturellement ». Les changements climatiques soulève des préoccupations majeures ayant trait à l’équité transgénérationnelle : pourquoi nos actions actuelles devraient-elles priver les générations futures de leur patrimoine ? C’est aussi une question d’équité transrégionale. Pourquoi les activités d’une région, dont elle a probablement bénéficié, devraient-elles avoir des incidences négatives sur une autre région ?
L’analyse des cycles du dioxyde de carbone et d’autres GES indique que la stabilisation de leurs concentrations peut être obtenue uniquement par la réduction de plus de 50 % des émissions mondiales par rapport aux niveaux de 1990. Comme premier pas vers la réalisation de cet objectif, les nations se sont réunies à Kyoto, au Japon, en 1997 et ont négocié le protocole de Kyoto lors de la Convention-cadre sur les changements climatiques. Dès les premières négociations, il a été entendu que les pays développés procéderaient aux premières réductions, puisque ce sont eux qui ont généré à ce jour environ 80 % du surplus accumulé de gaz à effet de serre. L’objectif commun du protocole était de réduire les émissions de GES d’au moins 5 % par rapport aux niveaux de 1990, au cours de la période d’en