Réchauffement de l'Arctique : Que fait le Nunavut ?

Jeune fille dans la neige

Greg Younger-Lewis
Photo : Jack Hicks
 
La communauté internationale prête davantage d’attention à la situation alarmante du Nunavut depuis qu’un rapport d’importance internationale a révélé à quel point l’Arctique sera touché par le réchauffement du globe.

C’est ainsi que le gouvernement du Nunavut considère la diffusion du rapport intitulé l’Évaluation de l’impact des changements climatiques dans l’Arctique (ACIA) : un argument dans leur bataille pour convaincre les autres que les émissions de gaz à effet de serre (GES) détruisent l’écosystème du territoire et menacent l’existence même de la culture inuite.

Toutefois, les agents du gouvernement responsables des questions relatives au réchauffement du globe n’ont pas l’intention de renforcer leur propre campagne pour s’occuper de réalités telles que le retrait de la glace de mer ou l’inondation des communautés côtières décrites dans le rapport. Le gouvernement a plutôt décidé de s’en tenir à sa stratégie sur les changements climatiques publiée en 2003.

« Nous sommes très heureux que le rapport attire autant l’attention internationale sur cette question », dit Jane Cooper, sous-ministre adjointe au nouveau ministère de l’Environnement du Nunavut, avant d’ajouter que « ce rapport ne fait que confirmer ce que nous disons depuis longtemps ».

Mme Cooper a déclaré que, d’après les rapports des chasseurs et des aînés, le savoir traditionnel inuit a révélé au gouvernement du Nunavut qu’il devait commencer à lutter contre le phénomène global il y a déjà plusieurs années. Elle ajoute que la dépendance massive envers le diesel comme source d’énergie est l’un des plus gros problèmes internes. Jusqu’à 98% de l’électricité et du chauffage au Nunavut proviennent du diesel importé. En conséquence, le gouvernement s’attaque au problème en modernisant ses édifices partout sur le Territoire afin de réduire la perte thermique. Il construit aussi de nouvelles écoles dotées de fenêtres isothermes et parfois même de panneaux solaires expérimentaux, comme à Rankin Inlet. Pour réduire davantage la consommation de diesel, le ministre de l’Énergie, Ed Picco, s’est engagé à élargir l’utilisation d’autres sources d’énergie sur le Territoire, mais il a refusé de fournir plus de détails. Les promesses ne risquent pas de sonner creux, compte tenu que le gouvernement se trouve confronté à de graves compressions budgétaires en raison des déficits escomptés, alors que les coûts du carburant représentent presque 160 millions de dollars, soit 20% des dépenses publiques annuelles.

Mme Cooper souligne que le Nunavut a déjà entrevu les possibilités de l’énergie éolienne. À Kugluktuk, une éolienne a, de fait, produit de l’électricité pendant des années, même dans des conditions où les centrales électriques d’autres communautés auraient fermé. Selon Mme Cooper, le gouvernement évalue certains projets qui recycleraient la chaleur résiduelle ou « perdue » générée par la machinerie lourde dans les centrales électriques. Cette chaleur « récupérée » pourrait chauffer des édifices publics entiers, comme un nouvel hôpital à Iqaluit. Toutefois, elle admet que les réductions d’émissions de GES par les résidents du Nunavut auront peu d’impact sur les projections mondiales concernant le réchauffement du globe. Elle est d’avis qu’il faut plutôt prêcher par l’exemple : « Les gens doivent savoir qu’ils peuvent faire partie de la solution », dit-elle.

Ce projet a été rendu possible grâce à une contribution financière du programme Francommunautés virtuelles d'Industrie Canada.

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