Le passage du Nord-Ouest

Illustration d'un bateau pris dans les glaciers

André Légaré
Photo : Samuel Gurney Cresswell

Un rappel de la première traversée du fameux passage par Roald Amundsen (1903-1906) et des enjeux politiques contemporains dans la région. La découverte de l’Arctique a fasciné les explorateurs durant des siècles. Entre les voyages de Martin Frobisher vers 1570, et les années 1850 alors que les navigateurs tentaient de trouver des indices sur la disparition de Franklin, des dizaines d’expéditions furent organisées, en partance de l'Angleterre pour la plupart. Tous cherchaient à trouver un passage par le Nord qui leur permettrait de traverser le continent entre l’Atlantique et le Pacifique.

De premières explorations infructueuses

Le Passage du Nord-Ouest traverse l’archipel arctique canadien sur une longueur de 2 600 kilomètres (voir carte ci-jointe). Le Passage emprunte de nombreux détroits et parcourt plusieurs golfes. Chaque année, il est emprisonné par les glaces pendant près de dix mois. La circulation maritime ne devient possible qu'au cours des mois d’août et de septembre.
Le Passage du Nord-Ouest s'avéra un trajet périlleux pour les marins européens des XVIe et XVIIe siècles qui cherchaient une voie maritime plus courte entre l’Europe et l’Asie. Sir Martin Frobisher fut le premier Européen à explorer l’entrée du passage (1576-1578). John Davis lui succéda (1585-1587), de même que William Baffin (1616). Tous se heurtèrent à la banquise, infranchissable pour les bateaux de cette époque.

Puis les guerres coloniales entre la France et l’Angleterre interrompirent la recherche du passage tant convoité. Ce n’est qu’au début du XIXe siècle que les voyages dans l’archipel arctique canadien reprirent sous le commandement de Sir John Franklin. Sa dernière expédition dans le Nord (1845-1848) à la recherche du mythique passage les mena, son équipage de cent hommes et lui, à leur perte. La plupart d'entre eux périrent lorsque leurs bateaux furent écrasés par les glaces du Passage. Quant aux quelques survivants, ils moururent de faim. La disparition de Franklin donna lieu à une recrudescence d'expéditions, parties à sa recherche, dans l'archipel arctique (Rae 1849-1854; McClure 1850-1854). Ces nouveaux voyages permirent de cartographier plusieurs des îles et détroits de la région. Cette nouvelle cartographie devait, plus tard, aider grandement la navigation dans ces eaux périlleuses par le premier explorateur qui réussit à franchir le fatidique Passage: le Norvégien Roald Amundsen.

Roald Amundsen: un explorateur intrépide

Les années 2003 à 2006 marquent le centenaire de la première traversée du Passage du Nord-Ouest. Il aura donc fallu attendre jusqu’au début du XXe siècle avant de voir le périlleux Passage conquis pour la première fois. Cet exploit fut réalisé entre 1903 et 1906 par Roald Amundsen et son équipage de six hommes, à bord d’un petit chalutier, le Gjøa.

Roald Amundsen est né en 1872 à Borge, en banlieue d’Oslo, dans une famille de marins. Son père et son grand-père étaient pêcheurs dans les mers arctiques. Le jeune Roald, fasciné par les aventures du capitaine Franklin, se mit à lire de nombreux livres sur le sujet. Adolescent, il indiqua à ses parents qu’il souhaitait devenir un explorateur de l’Arctique. Il prit l’étrange habitude de dormir la fenêtre ouverte afin, disait-il, que son corps s’habitue aux rigueurs du froid hivernal! En 1899, à l’âge de 27 ans, il obtint son brevet de capitaine de l’Académie maritime norvégienne. En 1901, il acheta à Tromsø un petit chalutier de 45 tonnes, le Gjøa, construit spécialement pour affronter les glaces de l’océan Arctique.

Ce projet a été rendu possible grâce à une contribution financière du programme Francommunautés virtuelles d'Industrie Canada.

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