Inuktitut et français : deux langues, un défi

Deux garçons

Ghislain Couture
Photo : Arianne Clément
 
L’inuktitut et le français ont peu de choses en commun; nul besoin d’être un fin linguiste pour arriver à cette conclusion ! Mais lorsqu’on y regarde d’un peu plus près, on s’aperçoit que les Inuits et les francophones partagent des intérêts qui ouvrent la porte à des collaborations. L’épanouissement de leurs langues respectives et la richesse culturelle qui en découle invitent les deux groupes linguistiques à unir leurs efforts afin de freiner le rouleau compresseur que représente la langue anglaise.

Les Inuits, bien que majoritaires au Nunavut, ont du mal à assurer la primauté de l’inuktitut dans leur territoire. Le texte d’Arianne Clément le démontre bien. Et les francophones, bien que protégés par la Loi sur les langues officielles, doivent également se battre pour faire valoir des droits prévus par la constitution canadienne. Dans ce contexte, ne serait-il pas souhaitable que francophones et Inuits militent côte à côte pour faire respecter leurs langues respectives et pour assurer une diversité langagière et culturelle ?

Les batailles qu’ont menées les francophones pour défendre et faire valoir le fait français au Nunavut et ailleurs au pays pourraient sûrement intéresser les Inuits. La communauté francophone d’Iqaluit a notamment obtenu une école homogène en 2001 et elle gère aussi sa propre commission scolaire depuis 2004. Ces deux importantes réalisations ont été obtenues grâce entre autres à une bonne représentation politique et à des négociations rigoureuses. Elles reposent également sur une mobilisation des forces vives de la communauté francophone.

Les Inuits s’y connaissent également en matière de négociation et de représentation. N'ont-ils pas négocié une des plus importantes ententes de revendications territoriales de l'histoire du Canada? Entente qui a mené à la création du Nunavut , ce n’est pas rien ! Les Inuits sont profondément attachés à leur culture et à leurs traditions qui sont perçues, à juste titre, comme des leviers pouvant assurer le lien entre histoire et modernité. La quête culturelle des Inuits est donc riche en enseignements et devrait aussi s'avérer inspirante pour les francophones.

Cela étant dit, comment faire pour amener Inuits et francophones à travailler de concert pour faire valoir leurs droits linguistiques ? À mon avis, il serait judicieux d’organiser un forum où des conférenciers et conférencières inuits et francophones viendraient raconter les réussites et les erreurs de leurs démarches respectives. Chacun aurait avantage à se réunir en ateliers pour se donner des objectifs précis et passer de la parole aux actes.

Ce projet a été rendu possible grâce à une contribution financière du programme Francommunautés virtuelles d'Industrie Canada.

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